Historique
Assemblée Générale 2007 : Extrait du rapport du président pour l’exercice 2006
Mesdames, Messieurs, Chers amis de la flotte Belle Epoque de la CGN,
Les années se suivent mais ne se ressemblent pas, car, une fois de plus, notre Association a eu le très motivant mais aussi redoutable privilège de passer à une vitesse supérieure en cours d’exercice, alors que tout laissait présager que nous avions atteint en quelque sorte celle de croisière.
Un bref retour en arrière sur les principales campagnes et activités de l’ABVL depuis sa création en 2002 s’impose en préambule :
- printemps 2002, première déception avec l’arrêt de l’Helvétie, après quelques années d’euphorie pour les amoureux de la navigation lémanique Belle Epoque qui venaient de fêter la remise en service du Montreux « revaporisé » quelques mois auparavant. Avec un ciel qui s’assombrissait en plus rapidement, puisque déjà on évoquait que le Vevey et l’Italie pourraient suivre le même chemin, faute de moyens pour les restaurer. Quelques irréductibles décidaient alors qu’il ne fallait pas baisser les bras, relever le défi et se lancer, comme cela avait le cas avec beaucoup de succès sur quelques lacs outre Sarine depuis plus d’une génération, dans la recherche de fonds privés pour contribuer à la sauvegarde des bateaux à roues à aubes historiques. L’ABVL était née, c’était le 27 juin et elle se présentait à l’AG de la CGN deux jours plus tard !
- mai 2003, l’ABVL lance sa première campagne, dédiée à « ...redonner à La Suisse sa silhouette d’origine ... ». Le but était indirectement aussi de tester, en terre romande, le potentiel d’une action de recherche de fonds pour la sauvegarde d’un bateau historique ;
- 18 août 2003, coup de tonnerre : le Simplon subit une grave avarie dans la rade de Genève. Il est remorqué à Ouchy où il trouve tristement sa place à côté de l’Helvétie. L’ABVL décide immédiatement de tenter de le « sauver » et convainc le conseil d’administration de la CGN qu’elle serait capable de trouver en grande partie les fonds nécessaires pour le réparer et le rénover (partiellement) ;
- 2 et 3 juillet 2005 : le Simplon est remis en service dans la liesse populaire à Ouchy le samedi, puis à Genève le lendemain dimanche. L’ABVL y a contribué pour près de deux millions et la CGN, de son côté, pour pratiquement la même somme ;
- automne 2005 - printemps 2006 : l’ABVL décide de participer à la rénovation partielle de La Suisse, en se fixant comme objectif de trouver 1 million pour soutenir la CGN, qui avait annoncé son intention d’y consacrer 2 millions dans le cadre de ses augmentations de capital successives ;
- été 2006 : le comité est approché par le représentant d’une fondation privée qui lui laisse entendre que le projet « sauver La Suisse » pourrait l’intéresser, mieux encore, l’inciter à y participer avec un montant très important. Ceci ouvrait à l’ABVL deux options et laissait entrevoir deux scénarios : 1) l’ABVL propose à la CGN de procéder non pas à une rénovation partielle, mais plutôt à une rénovation lourde, de l’ampleur de celle appliquée au Montreux et surtout au Savoie entre 2004 et 2006 ; 2) l’ABVL considère que, avec l’aide substantielle de cette fondation, on aurait une chance unique de pouvoir, en plus d’une restauration qui resterait alors partielle de La Suisse, peut-être envisager une réparation et rénovation de l’Italie ou surtout de l’Helvétie ! Après quelques semaines d’intenses réflexions et d’entente bien sûr avec la direction de la CGN, le comité a finalement décidé de s’en tenir à l’intention initiale, soit de ne pas remettre en question le planning pour la restauration de La Suisse, mais de le compléter par une proposition de rénovation globale sur 18 mois en lieu et place de la partielle prévue sur 9 mois. Cette proposition a été acceptée le 15 septembre par le conseil d’administration de la CGN. La décision a été facilitée par le fait qu’à la suite de l’assemblée générale de la compagnie du 30 juin, la perspective du maintien en service du Vevey, suivie de sa possible restauration complète à partir de l’automne 2009 avec une participation prépondérante des pouvoirs publics, devenait un scénario plausible. Dans ces conditions, il aurait été inopportun d’introduire une variante supplémentaire qui risquait de déstabiliser ces derniers au moment où ils affichaient la volonté de s’engager à nouveau financièrement pour la sauvegarde de la flotte historique ;
- 29 août 2006, création de la Fondation Pro Vapore à Genève, conformément à la décision de l’assemblée générale de l’ABVL du 2 mai. Le but statutaire de la fondation diffère de celui de notre association, qui est la recherche de fonds pour la sauvegarde et le maintien en service horaire des huit bateaux historiques Belle Epoque de la CGN, alors que Pro Vapore y contribue, avec essentiellement les moyens que nous lui mettons à disposition. Pourquoi ce partenariat Association - Fondation ? Avec un chiffre d’affaires annuel avoisinant le million, il est apparu qu’il était sage de confier l’utilisation des fonds de l’ABVL à une fondation, statutairement soumise à un organe de surveillance qui en vérifie annuellement la gestion. Ce qui permet aussi de donner, le cas échéant, des garanties solides à des mécènes potentiels importants (que Pro Vapore peut soit accueillir, soit solliciter), comme en 2006 avec The DMC McDonald Foundation et la Fondatin Hans Wilsdorf (voir ci-dessous sous Recherche de fonds et politique financière). En résumé et conformément à l’Art. 9 de nos statuts, ABVL et Pro Vapore sont des partenaires indissociables, la première organisant la recherche de fonds dans le quotidien et la seconde offrant toutes les garanties susmentionnées pour leur utilisation statutaire ;
- enfin 5 décembre 2006 : un deuxième mécène, auquel le dossier La Suisse avait été présenté en octobre, décide de s’engager avec un montant très important -attribué directement à Pro Vapore- pour sa restauration globale, laissant maintenant entrevoir la possibilité de l’assurer non seulement pour toutes les composantes structurelles indispensables comme la coque, la machine, les installations électriques, de défense incendie, de cuisine et sanitaires, mais également pour la majeure partie des éléments patrimoniaux (salons, pont supérieur et timonerie etc.). Toutefois, le but étant d’obtenir la restitution optimale d’éléments garantissant au « navire amiral » de retrouver son style d’origine, l’ABVL décide de lancer, en mars 2007, une troisième campagne pour le bateau.
Indépendamment de son résultat, on peut d’ores et déjà constater qu’en assurant le financement très largement majoritaire -le solde étant assuré par la CGN par des augmentations de capital- de la restauration de longue durée de La Suisse, ABVL - Pro Vapore ont réussi un exploit historique pour le lac Léman, qu’il sera difficile, mais nous l’espérons pas impossible, de répéter. « Impossible » n’étant donc pas français, qui sait si l’Helvétie, bateau tout aussi prestigieux que La Suisse, ne nous fournira pas, le moment venu, l’occasion de le prouver.
Quel chemin parcouru en moins de cinq ans !
Clarens, mars 2007 Maurice Decoppet, président
Mis à jour (Mercredi, 23 Février 2011 10:52)





