S/S Rhône

Mis en service en : 1927 Rénové en : 1968-1969. Révision générale de la machine en 2002/2003 Longueur à la flottaison/hors tout : 60/66 mètres Largeur au maître/hors tout : 7.20/14.30 mètres Capacité initiale : 1100 passagers Machine (d’origine) : à vapeur, 2 cylindres compound, distribution hydraulique et graissage sous pression centralisé, puissance 900 chevaux indiqués |
« ... jamais l’engin construit en 1927 par les ateliers Sulzer de Winterthur n’avait révélé ses secrets les plus intimes. ... Tout le bateau est encombré de pièces de toutes tailles.
Déposées à même le sol dans un désordre pourtant parfaitement organisé. ... Les techniciens n’ont pas compté, mais le nombre des seuls tuyaux se monte à plus de 150. En 1927, cette machine était l’aboutissement de la technologie vapeur, avec un système automatique de lubrifiant révolutionnaire. « Les gars du bureau d’ingénieurs se sont vraiment fait plaisir en la concevant » explique admiratif Raymond Croset. « Ils ont aussi prévu son fonctionnement avec un entretien minimum. La CGN a d’ailleurs appliqué cette idée au pied de la lettre. Après 75 ans, nous avons trouvé seulement deux ressorts cassés ».
24 heures, 30 décembre 2002
« Après 75 ans de bons et loyaux services, le Rhône montre des signes d’essoufflement. Le 18 août, une avarie de machine a conduit la direction à décider de l’arrêt du Rhône pour la saison 2002 et au début immédiat des travaux lourds de révision de la machine. Les travaux dureront plusieurs mois et nécessiteront près de 4’000 heures de travail, effectuées pour la plupart par le personnel qualifié de la CGN »
Site Internet de la CGN, 19 août 2002
Le Rhône a profité d’un entretien général approfondi en hiver 1995-1996 au cours duquel l’Association Patrimoine du Léman a financé la reconstitution de ses décorations de proue (deuxième modèle) et de poupe, ainsi qu’un nouvelle cheminée plus courte mais plus conforme à celle d’origine que celle issue de la rénovation de 1968-69.
Si l’on fait abstraction de sa timonerie et de l’entrée du salon de 1ère classe, sacrifiée lors de la rénovation de 1968-69 comme sur La Suisse et l’Helvétie, le Rhône présente une des silhouettes les moins altérées de la flotte Belle-Epoque du Léman.
Une future rénovation, avec un remplacement de ses chaudières par une autre plus moderne et plus efficace, devrait permettre de diminuer une consommation de mazout supérieure aux autres bateaux de même capacité.

Après la rénovation de 1968-1969, le Rhône est attaché à Genève où il sert d’abord au tour du Petit-Lac, suivi le soir d’une engagement stationnaire à l’enseigne de « La Jonque Chinoise ». On voit effectivement défiler les canards laqués rouges par la fenêtre de la cuisine lorsque le bateau quitte le débarcadère...
Dès 1974, le Rhône est de plus en plus attribué au tour du Lac, en remplacement de La Suisse, puis finalement aussi du Simplon.
« ... C’est au débarcadère du Mont-blanc qu’est amarré le Rhône, notre vaisseau d’un jour, dans l’attente de nous emmener effectuer le tour du lac Léman.
... « C’est sur les plans d’un ingénieur russe que la maison Sulzer a construit ces machines. Des machines révolutionnaires pour l’époque, où la lubrification de toute pièce en mouvement était assurée automatiquement. Il a fallu six années pour les mettre au point, et aujourd’hui encore elles nous réservent régulièrement des surprises. Nous effectuons chaque jour une course contre la montre, où les machines sont poussées à fond pour maintenir notre plan horaire. Les mécaniciens ne chôment pas pour cravacher les 900 CV que daignent développer dames machines dans leur bons jours. Toutes les réactions du bateau sont à l’image de ses machines, lentes à réagir. Il nous faut toujours anticiper les manœuvres. Tous ces petits inconvénients en font son charme. Cela n’empêche pas qu’en fin de saison son charme commence à peser lourd dans nos têtes, mais l’année suivante, nous sommes tous au rendez-vous quand c’est le moment de larguer les amarres. »...
La CGN a su sauvegarder cette majestueuse unité et son magnifique intérieur au prix d’importants sacrifices financiers, pour le plaisir de tous à la voir naviguer encore de longues années sur les eaux du lac Léman. ... Pourquoi ne pas vous offrir, par ces chaudes journées d’été, une croisière sur le Rhône qui, tous les matins, largue ses amarres à 9h au quai du Mont-Blanc ? Embarquez pour une journée à la découverte des rives du Léman, dans cette ambiance rétro et, qui sait, peut-être tomberez-vous amoureux de ce bateau unique en son genre ? »
La Suisse, supplément Sports et Loisirs du 20 juillet 1989

« Dans la grande halle couverte des chantiers de la Compagnie générale de navigation sur le Léman à Ouchy s’achève ces jours-ci, sur le « berceau roulant » ou « chariot », le montage de la coque du nouveau bateau-salon le Rhône.
Les améliorations d’horaire, l’incendie resté inexpliqué du Bonivard, amarré dans le port d’Ouchy, et la nécessité d’avoir des bateaux de réserve, ont rendu indispensable la construction de cette nouvelle unité de la flotte lémanique.
Décidée le 25 juin 1925 par l’assemblée générale des actionnaires de la compagnie, confiée à la maison Sulzer Frères, à Winterthur, ... la construction du Rhône a commencé au mois de septembre 1926. ... Son lancement est prévu pour le milieu de ce mois, et sa mise en service pour le mois de juillet prochain. Ses caractéristiques sont celles du Valais... »
La Patrie Suisse, mars 1927
« Le nouveau bateau-salon de la Compagnie générale de Navigation sur le Léman, que nous montrions récemment dans la grande halle des chantiers d’Ouchy... a été lancé le mardi 29 mars à 10 heures, en présence des dirigeants de la compagnie... »
La Patrie Suisse, avril 1927
Le Rhône effectuera quelques services spéciaux à l’occasion de la Fête des Vignerons de 1927, puis retournera au chantier pour d’assez longues mises au point de sa machine. Il n’entrera effectivement en service qu’en 1928. Ayant approché le Genève d’un peut trop près le 13 mai de cette année, devant Pully, le Rhône perd sa figure de proue et le haut de son mât avant. Malheureusement, une passagère sera tuée par la chute d’un morceau de mât cassé sur le pont. Depuis cette date, les mâts des bateaux du Léman ne sont plus haubanés sur l’étrave, mais en retrait, et le bout-dehors n’a plus qu’une fonction décorative.


























