S/S La Suisse
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S/S La Suisse, état en mai 2009
Mis en service en : 1910 Rénové partiellement en 1960 et 1971, rénovation générale de 2007 à 2009. Longueur à la flottaison/hors tout : 70/78 mètres Largeur au maître/hors tout : 8.50/15.90 mètres Capacité initiale : 1500 passagers Machine (d’origine) : à vapeur, 2 cylindres compound, puissance 1400 chevaux indiqués |
Balade sur le lac en Mai 2009
Rénovation générale 2007 - 2009 : assainissement durable de la coque, des superstructures et de toutes les installations électriques, de chauffage et de ventilation, de défense incendie, de secours, de cuisine et sanitaires. Révision complète de la machine à vapeur d’origine de 1910, y compris retubage de la chaudière datant de 1971. Restitution aussi près que possible de son aspect originel intérieur et extérieur, tout en restant compatible avec une exploitation commerciale rationnelle et aux exigences de confort de la clientèle d’aujourd’hui. Budget global CHF 15 mio, dont 12 ont été financés par l’ABVL et sa Fondation Pro Vapore et 3 par les actionnaires de la CGN.
Précédemment, le S/S La Suisse avait subi, pendant l’hiver 2002 - 2003, des travaux importants : l’installation électrique, qui datait de 1971, a été modernisée pour env. 500’000.— francs. Cet investissement, invisible du public, était indispensable à la poursuite de l’exploitation du bateau.
De 1971 à 1974 et de 2000 à 2005, La Suisse a été affecté au Tour du Lac au départ de Genève, la « Grande Course », ligne de base de la CGN pour laquelle le bateau a été construit. De 1975 à 1999, La Suisse a effectué le tour du Haut Lac au départ de Lausanne. Enfin, depuis 2009 et jusqu’à nouvel avis, La Suisse est affecté au Haut Lac.
« Au sein d’une flotte qui compte près d’une douzaine et demi d’unités, on tient La Suisse pour le bateau-amiral. Enfin... on ne l’appelle pas ainsi puisque le terme n’a rien d’officiel. Mais un certain prestige suit le sillage de ce vapeur lancé en 1910, converti plus tard au mazout au détriment du charbon, capable d’accueillir 1500 passagers, cousin du Simplon et généralement promis à des tâches plus prestigieuses que la plupart de ses frères.
Au restaurant, les prix se sont relativement démocratisés. Comme les menus, d’ailleurs, où l’on retrouve quelques spécialités à côté des plats les plus traditionnels, les plus courants. Sans imagination. Il n’empêche : les nappes blanches semblent n’avoir été posées que pour de rares privilégiés. Sur le pont, dehors, on coupe des rondelles de saucisson et de larges tranches de pain. Tout cela crée le charme. Un charme empreint de sentiments d’attirance et de refus, de mélancolie et de regrets ...
Franchie la passerelle ... on foule le pont de bois légèrement bombé, trépidant d’une machinerie impatiente. Ah, les machines ! Deuxième émotion, qui fait appel à tous les sens. Odeur de l’huile chauffée, légèrement écoeurante, doucereuse et pénétrante. Froideur de l’acier poli par des milliers de mains agrippées au dessus de la fosse. Fascination vertigineuse face aux bielles qui roulent, s’élèvent, s’abaissent, reculent, avancent en un mouvement d’une force inexorable. Halètement quasi humain des pistons dans l’effort. Goût de l’enfance. La Suisse partage avec le Simplon et la Savoie le privilège de dévoiler ses entrailles. Ce n’est pas la moindre attraction sur laquelle convergent les passagers. ... »
Radio TV je vois tout, 25 mai 1978

S/S La Suisse, état en 1960
Plus grand bateau des lacs suisses lors de son lancement, considéré comme « bateau amiral » de la flotte, titre dont le discutable et énorme Lausanne de 1991 n’a pu la détrôner, La Suisse vit une carrière tranquille. Mis à part un arrêt prolongé pendant la deuxième guerre mondiale, c’est LE bateau du Tour du Lac, celui sur lequel on va manger le soir entre Nyon et Genève, après le travail.
Même lorsque, dans les années 1970, la CGN échafaude ses plans de renouvellement les plus noirs et prévoit de démolir presque toute sa flotte à roues, La Suisse a le privilège d’être planifiée pour être conservée à vapeur, à titre de témoin du passé. Il est vrai que le remplacement, en 1970, des chaudières d’origine par une seule chaudière particulièrement efficace a fait du bateau une unité encore plus économique à l’exploitation.
En 1959-1960, la chauffe au mazout remplace le charbon à bord de La Suisse. C’est à cette rénovation que l’on doit la disparition des fumoirs du pont supérieur, remplacés par le vilain vitrage que l’on connaît aujourd’hui. Plus tard, lors de la rénovation de 1970-1971, le salon subira aussi une grave destruction : pour pouvoir créer un office, toute la paroi frontale sera démolie et remplacée par une création du temps.

S/S La Suisse, état dans les années 1920
« Le lundi 30 mai, une cinquantaine de privilégiés ont inauguré, par un tour du lac et des dîners à la Lucullus, le dernier bateau dont vient de se doter la Compagnie générale de navigation. La Suisse - c’est son nom - est le plus grand et le plus beau des vapeurs naviguant actuellement sur les eaux suisses.
Décidée le 6 juin 1908 par l’assemblée ordinaire des actionnaires, le dernier venu fut lancé le 14 décembre 1909. Il fit sa première course d’essai le 2 mai, donnant toute satisfaction à ses nombreux pères : sa vitesse, prévue à vingt-sept kilomètres à l’heure, atteignit vingt-neuf kilomètres, avec une consommation de combustible de 15 % au-dessous des prévisions. ...
La Suisse est entrée en service le 31 mai ; chacun peut donc se rendre compte, par soi-même, de son confort, de l’ingéniosité attentive qui a présidé à toutes ses installations ; de la beauté et du style de sa décoration, de ses salons, de ses boiseries, de son ameublement, de ses tapisseries ... de la régularité de sa marche, de sa parfaite stabilité, des progrès en tous genres réalisés en vue de la commodité des passagers.
Et pour ne pas faire tomber nos lecteurs dans le vilain péché d’envie, nous ne dirons rien des dîners à bord, des exquis menus servis, des vins de choix qui les arrosèrent, ni de la réception de Genève, du retour à Ouchy ... non plus que des excellentes paroles que prononcèrent ... MM. H, Veyrassat, président du conseil d’administration ; Sulzer-Imhof, au nom du constructeur ; Henri Fazy, président du Conseil d’Etat de Genève ; Gustave Masson, juge cantonal ; Eugène Fonjallaz, conseiller d’Etat ; Sarrien, secrétaire général de la Préfecture de Haute-Savoie ; André Schnetzler, syndic ; Boveyron, conseiller administratif de la ville de Genève ... ».
La Patrie Suisse, juin 1910
La Suisse avait été confiée au capitaine Pierre Girard, qui à sa retraite, transmettra son commandement à son fils, lequel le conservera jusqu’en ... 1958 !
Photos historiques aimablement mises à disposition par M. André Fatzer à 1025 St-Sulpice VD




























